Partager l'article ! [Concert] Who Knew Reykjavik 06/05/2011: 23h20, la nuit tombe sur Reykjavik. Enfin, le jour décline pour être plus ...
23h20, la nuit tombe sur Reykjavik. Enfin, le jour décline pour être plus précis. Car en cette période de l'année, le ciel du coté du port était encore bleu ciel. Après tout on se rapproche de l'équinoxe d'été, durant lequel on peut parait-il lire un livre dehors à n'importe quelle heure de la journée. La nuit tombera-t-elle complètement ce soir sur la capitale de l'Islande? Je me le demande, avant de rentrer à la Faktory, bar à concerts célèbre de la ville. J'y avais vu il y a quelques semaines Amiina et Borko ( [Concert] Amiina Reykjavik 07/04/2011 ). Les premiers m'ont déçus, mais le second m'avait agréablement surpris (je suppose que l'album Celebrating Life sera chroniqué ici un de ces jours). C'est donc avec curiosité que j'entre à la Faktory ce soir pour voir trois groupes islandais qui viennent y jouer. Pour le prix d'une bière (dégueulasse d'ailleurs, les islandais n'ont pas une seule bière digne de ce nom), trois groupes vont défiler ce soir sur la scène de la Faktory.
Ce sont les 5 musiciens de The Hydrophobic Starfish (le nom me fait rire en tout cas) qui ouvrent le bal. Le groupe est composé d'un batteur, un bassiste, un
guitariste (arborant une guitare électrique Coca-Cola), un clavier et une chanteuse. Ce sera le set le plus court de la soirée (ils ont du jouer 5 morceaux environ), mais ma foi, il sera
relativement agréable. Ces cinq là n'inventent pas grand chose, mais jouent un rock nerveux assez efficace. La chanteuse, malgré quelques petites imperfections techniques a une jolie voix et
essaye d'assurer le show. L'atout principal du groupe vient à mon sens du clavier qui sonne comme un orgue et donne un air un peu rétro à cette musique. Je n'aime pas trop les soli trop rapides
du guitariste (c'est une pure question de goût, je préfère les solos avec plus de feeling et moins de vitesse), mais pour le reste... Ils ont joués fort, mais correctement. Une entame
sympathique, meilleur en live que sur les morceaux présents sur le myspace. Si vous voulez les découvrir, c'est ici que ça se passe : link
Dehors, la nuit n'était toujours pas tombée. Allait-elle tomber durant le set d'Hellvar, second groupe à fouler la scène ?
A vrai dire, c'est de loin le groupe que j'ai le moins aimé de la soirée. The Hydrophobic Starfish m'avait plutôt plu. De quoi justifier les 750 couronnes (environ 5€) lâchées pour le truc qu'on nous a vendu pour de la bière. Mais Hellvar par contre ne m'a pas du tout emballé. Composé de 3 guitares, une basse et une batterie, le groupe a selon moi oublié quelques règles essentielles du live rock. Notamment la rythmique, absolument désastreuse. Se planquer derrière trois guitares jouant les mêmes notes n'y change rien : la rythmique est un élément essentiel du rock en live. Et le son des guitares, lorgnant un peu du coté de Sonic Youth (en moins bien forcément) n'était vraiment pas enthousiasmant. Ni même expérimental ou crade comme peuvent le faire les New Yorkais. Juste trop long. La chanteuse chantait plutôt pas mal, mais en faisait des tonnes alors que la musique ne décollait pas. Un set plus long que le premier, mais qui m'a laissé totalement de marbre. Comme je n'ai pas trouvé de site internet pour ce groupe, vous n'avez plus qu'à me croire sur parole.
Et la nuit dans tout ça? Et bien, toujours aussi claire. Et alors que s'installe la tête d'affiche Who Knew, je me demande si le soleil est finalement en train de se coucher ou s'il commence à se lever. Quelques minutes avant une heure du matin...
Le public a considérablement grossi lors de mon retour dans la salle. Il est aussi nettement plus survolté que pour les deux premiers sets, notamment le deuxième qui
s'est déroulé dans un calme poli. Mais l'ambiance gagne très vite quelques degrés. Et à raison. Car des trois groupes à fouler la scène ce soir, les excentriques membres de Who Knew sont de loin
les plus célèbres, et de loin les meilleurs. Il y avait du monde sur scène : un claviériste, un chanteur/coureur (il a du perdre quelques kilos durant le set), deux guitaristes (dont un assure un
peu de chant), un bassiste et un batteur. Mais cet effectif est nécessaire pour nous servir une pop nerveuse et puissante, très moderne comme peut faire par exemple MGMT. Le clavier et sa
prédominance y est pour beaucoup je suppose. Le mauvais goût vestimentaire assumé des musiciens aussi. Mais l'effet est réussi. Les pas de danse des filles de la salle se calent rapidement sur la
basse, et la machine est lancée. L'énergie déployée par le groupe, notamment par le chanteur, et le sentiment de douce folie qui en émane se répand très vite à travers la salle. Le set débute
très bien, et réussira à tenir l'auditoire fiévreux jusqu'au bout, malgré une légère baisse de régime. Ces gars savent y faire, et leur pop sonnent de manière très intéressante et maitrisée. Sans
être forcément mon truc, c'est un concert et un groupe qui valait le déplacement (et les 750 couronnes de la pisse d'âne que j'ai bu), et qui mérite une écoute. Pour vous faire une idée, leur
myspace est disponible ici : link
2h du matin, sur Laugavegur, rue principale de Reykjavik. Les Islandais sont de sortie, et la ville grouille de vie comme un samedi après-midi. Évidemment il n'y a plus de bus à cette heure là. Mais au moins, une certitude se fait lors de notre retour à pied. Le jour se lève. Et lorsque vers 3h30, je me couche il fait déja jour.
Moi-même.